Campagne cotonnière 2022 2023 : Le Président réarme moralement les cotonculteurs

Face à un Assimi Goïta prêt à s’assumer et à faire face aux sanctions de la CEDEAO contestées par les maliens. Le coton apparait comme une aubaine pour le Président et la 12ème session du Conseil Supérieur de l’Agriculture (CSA) est une occasion pour réarmer les paysans en les engageant dans la bataille, à travers des prix d’achat alléchant, le Mardi 12 avril 2022 dans la salle des Banquets du Palais de Koulouba. Le signal a été donné par la remise de distinctions aux trois meilleurs chefs secteurs et les trois meilleurs producteurs de coton de la campagne passée. Les trois premiers ont été décorés de la médaille de Chevaliers de l’Ordre National, quant ’aux meilleurs producteurs ils ont reçu chacun la médaille de Chevalier l’Ordre du Mérite Agricole. Et pour plus faire saliver les paysans le prix du coton s’envole : 1er choix 285 francs CFA et le 2ème choix 260 francs CFA.

La culture cotonnière est la principale richesse de notre pays. L’ensemble du secteur fait vivre plusieurs centaines de milliers de personnes voire plusieurs millions de personnes, soit un quart de la population. En 2018, le Mali a fait une récolte de coton record, avec de plus de 700 000 tonnes, champion africain du coton devant le Burkina Faso. Fort de cette production, la confédération des producteurs s’est fixé un objectif, encore plus ambitieux, d’un million de tonnes pour 2019-2020 car le prix de vente a connu une hausse, il passé de 250 FCFA à 255 FCFA avec une ristourne de 10 FCFA. L’année prochaine, il sera à 285 FCFA mais d’ores et déjà avec un tel prix est ce que les zones cotonnières feront de la place aux autres cultures comme le maïs. Malgré, cette place et cette importance, moins de 2% de cette grande production sont transformées sur place et là aussi cette transformation s’arrête à l’égrainage.

Le ministre Modibo KEÏTA en charge du secteur a fait cas des difficultés rencontrées au cours de cette campagne écoulée. Des difficultés dues notamment à la pandémie de Covid-19, à l’insécurité ainsi qu’à la mauvaise répartition de la pluie dans l’espace et dans le temps.

À l’entame de ses propos, le Président du Conseil Supérieur de l’Agriculture, le Colonel Assimi GOÏTA, a félicité « tous les acteurs de la profession agricole, ainsi que leurs partenaires nationaux et étrangers pour les résultats » obtenus durant cette campagne écoulée. Il a précisé toutefois que le résultat obtenu, loin d’être un satisfecit, doit « interpellé à plus d’efforts, de réflexion et d’innovation pour amorcer l’indépendance de notre pays du marché international des produits agricoles en vue d’assurer notre souveraineté alimentaire et nutritionnelle ».

Pour permettre au secteur agricole de jouer le rôle qui lui revient dans le processus du développement économique, politique et social, le Président de la Transition a formulé des recommandations au gouvernement. Il s’agit entre autres de doter le secteur du développement rural d’une loi de programmation des investissements dans le secteur agricole, de poursuivre le programme de pluies provoquées en début et fin de l’hivernage.

Aussi, s’agit-il de mettre en place un programme spécial de promotion de certaines productions céréalières et maraîchères de très grande consommation et accroître l’utilisation des intrants locaux.

Outre ces recommandations, en vue d’améliorer les productions céréalières, cotonnières et animales, le Chef de l’État a décidé de la mise en place de certaines mesures incitatives. En raison de la hausse excessive du prix des engrais sur le marché mondial, le Président GOÏTA a décidé « que la quote-part du producteur dans le prix du sac de 50 kg de l’engrais minéral soit fixée à 12 500 francs CFA », soit une augmentation de 1500 F CFA par rapport à la campagne précédente. Quant à l’engrais organique (composte), la « quote-part est fixée à 2500 francs CFA le sac de 50 kg ».

M. Yattara

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