Cherté de la vie │ Les graffeurs (Côte d’Ivoire) agitent la bombe et posent le vernis

Cherté de la vie en Côte d'Ivoire

Côte d'Ivoire - À Cocody-Riviera 2, sur un pan de mur jouxtant une voie à lente circulation, l'artiste ZIPA fait marquer un arrêt STOP Côte d'Ivoire - À Cocody-Riviera 2, sur un pan de mur jouxtant une voie à lente circulation, l'artiste ZIPA fait marquer un arrêt STOP

La cherté de la vie en Côte d’Ivoire fait débat. Les prix de nombreux produits et denrées alimentaires connaissent une majoration. « Tout est cher » est devenu le refrain. Le panier de la ménagère a perdu de son poids. À croire que le prix du citron est devenu plus amer que le citron lui-même, dépeignent les humoristes.

Dans les rues, les artistes graffeurs, critiques, s’en imprègnent, agitent leurs bombes de peinture et posent le vernis pour que le message véhiculé en nouchi et français standard marque tout esprit. À Cocody-Riviera 2, sur un pan de mur jouxtant une voie à lente circulation, l’artiste ZIPA fait marquer un arrêt STOP.

S’insurgeant contre la cherté de la vie en Côte d’Ivoire, ZIPA porteur d’un message, crie « STOP à la cherté de la vie » parce qu’« on ne peut plus graya* / manger ». « On souffre pour avoir du travail et même pour se nourrir. Qu’est-ce qu’il y a? », pose-t-il le problème en nouchi : « On souffre pour bara* même pour graya* – Késia* ! ».

En très peu d’images, le graffeur fait le tour du sujet en spray. Sur le marché, les prix sont vertigineux. Difficile, en témoigne le graffe de l’artiste, de supporter le poids (prix) de la banane voire du piment. Pour lui, les autorités devront se pencher (sciencer*) sur le sujet.

Côte d'Ivoire - À Cocody-Riviera 2, sur un pan de mur jouxtant une voie à lente circulation, l'artiste ZIPA fait marquer un arrêt STOP
Côte d’Ivoire – À Cocody-Riviera 2, sur un pan de mur jouxtant une voie à lente circulation, l’artiste ZIPA fait marquer un arrêt STOP

 

Le 23 février 2022, au chapitre divers (pourtant crucial) du Conseil des ministres présidé par le Président Alassane Ouattara, au Palais présidentiel d’Abidjan, le « Conseil a entendu une communication de Ministre du Commerce et de l’Industrie, Souleymane DIARRASSOUBA, sur la situation de la lutte contre la cherté de la vie ».

Rendant compte d’une visite de terrain la veille, avec certains de ses collègues, Souleymane DIARRASSOUBA a fait le constat que « nos marchés sont approvisionnés et qu’il n’existe aucun risque de pénurie de produits. La question de l’offre ne saurait en conséquence expliquer l’inflation actuelle constatée sur les produits vivriers ».

Quelle solution en découle-t-il? Selon le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, ministre de la Communication, des médias et de la Francophonie, « des réflexions sont en cours afin de réduire le prix d’achat de certaines denrées de grande consommation ». Il s’agit, a-t-il expliqué, « d’élargir le nombre des produits règlementés actuellement ou de réduire l’influence de certains groupes d’intérêts en situation de quasi-monopole, qui font de la spéculation ».
Aussi le Gouvernement invite-t-il les populations « à un nouveau comportement, en privilégiant les commerces qui proposent les prix les moins élevés des produits ».

Pour l’heure, les populations n’ont d’autre souhait que de voir les prix sur le marché baisser. Même si, argumente le conseil des ministres, « l’inflation actuelle (produits manufacturés) est due à une conjoncture mondiale qui dépasse donc le seul cadre de la Côte d’Ivoire ».

Koné SAYDOO

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