Exposition Concours d’arts visuels | Belle opportunité d’expression pour six jeunes talents, à la Rotonde des Arts (Abidjan)

Yôrôbô, Par Lekryst | Le concours d’arts visuels vise à mettre en lumière les jeunes talents Yôrôbô, Par Lekryst | Le concours d’arts visuels vise à mettre en lumière les jeunes talents

La Rotonde des Arts contemporains située Plaza Nour Al Hayat au Plateau, a mis en lumière depuis le 14 septembre, les œuvres visuelles de six jeunes talents, lauréats de la 3è édition (2021) d’arts visuels. Un programme de la Rotonde « fait par les jeunes et avec les jeunes », précisait son directeur général Yacouba Konaté.

Autour du président du jury du concours, le peintre Marcel N’Giessan Essoh, il y a Fati Doumbia (coordonnatrice) faisant office de commissaire, Salif Diabagaté (scénographe), Stéphane Biokou, membre du jury.

Julie-Claire Bini, Emmanuel Lekryst, Cédrick SUNGO, Aristide Kouassi, quatuor de plasticiens occupent les cimaises en harmonie avec le duo Yanick Hamien et Henintsoa Mampionona (photographie).

Techniques différentes, expression et thématique diverses. Chacun y va de sa touche personnelle même si le figuratif reste un dénominateur commun. Que nous dévoile ladite exposition collective? Ce questionnement, c’est paraphraser « Abidjan on dit quoi », série du jeune talent Emmanuel Lekryst qui dépeint en cinq tableaux la scène people ou socio-politique dont il est témoin.

 

Sa peinture aux personnages non conventionnels questionne sur des évènements vécus, directement ou indirectement, en Côte d’Ivoire ou dans le monde. S’il fait appel à la mémoire – tout comme Aristide Kouassi – Lekryst (dé)peint à l’acrylique et au pastel le mal-être de l’humanité [plongé du fait du confinement dans la solitude et la dépression] face à la gestion de la pandémie à Covid 19.

Aussi, Lekryst, parcourant l’actualité récente de la scène urbaine en Côte d’Ivoire, est sensible à la disparition tragique de l’artiste Arafat DJ (Houon Ange Didier aka Yorobo), idole d’une jeunesse. D’ailleurs, « Yorobo », pseudonyme parmi tant d’autres, est le titre du tableau qui lui rend hommage sans toutefois trahir certaines expressions propre au disparu.

 

Ce concours d’arts visuels, a expliqué la coordinatrice Fati DOUMBIA, vise à « mettre en lumière les jeunes talents et montrer ce que la jeunesse africaine est capable. Il faut simplement lui donner l’opportunité de dire ce qu’elle a à dire et la laisser s’exprimer ».

Ce cadre d’expression (exposition) offert aux six lauréats du concours d’arts visuels, permet au visiteur de parcourir diverses problématiques abordées par les exposants. Problématique de la main avec Julie-Claire Bini dans la série « Musique et mouvement » qui traduit « ce que la main peut nous dire sans que le reste du corps ne soit présent », dixit Fati ; Problématique du corps – photographie de nu « Ma forme, ma norme » avec Henintsoa Mampionona (interrogation à notre propre corps, savoir comment on s’accepte) ; Problématique de la mémoire oubliée  (repenser la mémoire, reprendre pieds à travers un travail fait à partir de DVD qu’illustre bien Aristide Kouassi dans la série « Mémoire en forme de CD – Compact Disk) ; Problématique des barrières (sociales, psychologiques, frontières, etc.) fixées dans l’objectif de Yanick Hamien qui y apporte de la lumière (Série Barrière et lumière).

De la problématique de l’empêchement, explique Fati, on peut arriver au problème de l’expérience humaine douloureuse voire déviante. « Toutes ces expériences peuvent poser problème au sein de la société mais n’en demeurent pas moins des problèmes de la société », relève-t-elle.

 

Sur un total de 30 candidats sélectionnés au départ, le jury, a témoigné Fati, a été surpris par la qualité et la diversité des œuvres présentées. 13 en ont été présélectionnés. La seconde phase de sélection des candidats qui a été le vote du public, a permis de retenir six. Lauréats de la 3è édition. Parmi eux, certains célèbrent une première exposition soit-elle collective quand Lekryst, Cédrick et Yanick en ajoute collectivement à leur bio.

© Koné SEYDOU, Septembre 2022

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