La France a livré des équipements militaires à la Russie jusqu’en 2020, après l’embargo décidé par l’UE

Entre 2015 et 2020, la France a fourni 152 millions d’euros de matériels pour des chars, des avions de chasse et des hélicoptères de combat aux Russes, révèle « Disclose ».

La France a livré des équipements militaires à la Russie entre 2015 et 2020, donc après les sanctions européennes ayant suivi l’annexion de la Crimée, en vertu de contrats antérieurs, selon les révélations publiées lundi 14 mars par le média en ligne Disclose.

« D’après des documents “confidentiel-défense” obtenus par Disclose et des informations en sources ouvertes, la France a délivré au moins 76 licences d’exportation de matériel de guerre à la Russie depuis 2015 », a fait savoir le média, qui s’est plusieurs fois illustré en publiant des informations sur les ventes d’armes françaises. Le « montant total de ces contrats » s’élève à « 152 millions d’euros, comme l’indique le dernier rapport au Parlement sur les exportations d’armement », ajoute Disclose.

Le gouvernement a confirmé ces informations, mais se défend de tout manquement. « Il s’agissait d’un flux résiduel, issu de contrats passés, évoqué dans nos rapports annuels au Parlement, et qui s’est peu à peu éteint », résume le ministère des armées auprès du Monde, ajoutant que l’embargo sur les armes à destination de la Russie, décidé par l’Union européenne depuis le 1er août 2014, après l’annexion de la Crimée par Moscou, autorisait la livraison d’armes liées à des contrats signés avant l’embargo. « La France n’est d’ailleurs pas le seul pays européen » à avoir ainsi agi, précise le ministère.

Des caméras pour les blindés

Parmi les matériels livrés figurent des caméras thermiques pour équiper les blindés, selon Disclose, qui ajoute que ces matériels sont peut-être utilisés par l’armée russe en Ukraine. L’industrie française a aussi livré à l’armée de l’air russe des systèmes de navigation et des systèmes d’imagerie pour hélicoptères, selon le média.

« Chaque licence est examinée au cas par cas, prenant en compte chacune des situations particulières, en conformité avec nos engagements internationaux, dont la position commune et notre intérêt bien compris depuis 2014 de ne pas fournir des armements à la Russie. D’ailleurs, en 2015 pour les Mistral, la France a choisi de ne pas exporter ces bâtiments », poursuit le ministère des armées.

Ni l’Elysee ni le Quai d’Orsay n’ont souhaité communiquer à ce sujet.

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