Libération des 46 soldats ivoiriens restants : Donnant–donnant ?

L’opinion est désormais fixée sur la cause probable du blocage de la libération des militaires ivoiriens.

En effet, Bamako conditionne la remise des soldats ivoiriens à l’extradition des personnalités maliennes vivant en Côte d’Ivoire et sous mandats d’arrêt.

Une fois de plus, le Colonel Assimi Goïta a rappelé les conditions du Mali pour libérer les 46 soldats ivoiriens restants, détenus à Bamako depuis le 10 juillet dernier. Le président de la Transition l’a clairement affirmé lors de l’audience accordée, au Palais de Koulouba le 9 septembre dernier, au ministre des Affaires Étrangères de la République fédérale du Nigeria. Au cours des échanges, il été question de la libération des soldats ivoiriens interpellés à l’aéroport international Modibo Kéita de Bamako. Une énième tentative sous régionale pour régler cette situation. De prime abord, le président de la Transition, Colonel Assimi Goïta a salué l’implication personnelle du président nigérian, Mahamadou Bouari pour le retour à la normale entre le Mali et la CEDEAO.

En ce qui concerne l’objectif de la visite du chef de la diplomatie nigériane, le président Goïta a fait comprendre qu’au même moment où la Côte d’Ivoire demande la libération de ses soldats, elle continue d’offrir l’asile à certaines personnalités maliennes faisant l’objet de mandats d’arrêts internationaux émis par la justice malienne. Ces mêmes personnalités, poursuit Assimi Goita, bénéficient de la protection de la Côte d’Ivoire pour déstabiliser le Mali. D’où la nécessité d’une solution durable au lieu d’une solution à sens unique qui consisterait à accéder à la demande ivoirienne sans contrepartie pour le Mali.

Une déclaration qui risque de ne pas plaire à Abidjan, qui continue d’exiger la libération de ses soldats.

Pour rappel, le 3 septembre 2022, trois soldates des 49 militaires ivoiriens détenus au Mali, accusés d’être des mercenaires, ont été libérées. Signe de la bonne foi du Mali, et de sa capacité à faire des compromis. La Cote d’Ivoire saura-t-elle faire la même chose ?

Une chose est sûre : le pouvoir d’Abidjan ne peut prétendre participer à la négociation sans faire de concessions !

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