MACRON DANS LE MEMENTO OU L’AMNÉSIE COLONIALE

Vous souvenez-vous de ce film où le personnage principal se réveille le matin et oublie tout ce qu’il a fait la veille et les jours précédents ? Un homme qui doit apprendre à vivre avec une mémoire bloquée à une date précise et à qui sa mère doit téléphoner chaque matin pour lui rappeler que tout ce qu’il va voir dans la journée n’a pas été créé dans la nuit.

Emmanuel Macron est dans le Memento, comme il l’a dit en Algérie tout ce qui s’est passé alors qu’il n’était pas né « l’embrouille ». Et récemment, lors de sa tournée africaine, il a découvert la colonisation, pas la colonisation française puisqu’il n’y était pas, voilà pourquoi il lui faudrait une commission d’historiens pour savoir si la France a bien colonisé l’Afrique, si elle a commis des crimes, si elle a tué Um Nyobe, si elle a tué Moumié… Comme Christophe Colomb, Macron qui découvre l’Afrique, découvre la colonisation russe de l’Afrique.

Il est peut-être temps qu’Achille Mbembé , le penseur de la post-colonie, devenu son Monsieur Afrique, lui donne un cours de Colonisation pour les Nuls. Car comme Leonard Shelby, le personnage du film Memento, qui souffre d’amnésie antérograde et utilise des notes et des tatouages pour retrouver l’homme qu’il pense avoir tué sa femme, il est temps de se créer un cerveau extérieur pour mémoriser toutes ces chose dont on se souvient.
Il est donc de notre devoir d’aider le Macron « embrouillé » à reconstituer la mémoire de la France qui sombre dans l’amnésie coloniale.

Puisqu’il s’agit des Russes, commençons par raconter à Emmanuel Macron l’histoire de Bob Denard. le « corsaire de la République » qui a ouvert la voie, montrant aux Russes comment faire les choses en Afrique. Comparé à Bob Denard, Wagner, c’est du pipi de chat.

Voici en résumé ce que dit Wikipedia de Bob Denard.
Volontaire pour l’Indochine, il rejoint la police au Maroc, accusé d’avoir participé à un complot visant à assassiner Pierre Mendès France. À partir des années 1960, il participe à des opérations militaires impliquant des mercenaires au Yémen, en Iran, au Nigeria, au Bénin, au Gabon (où il est instructeur de la garde présidentielle), en Angola en 1975, au Cabinda en 1976, au Zaïre et aux Comores.
De 1960 à 1963, il est l’un des chefs des « affreux » de l’Etat du Katanga soutenant Moïse Tshombé qui vient de déclarer l’indépendance du Katanga.
Le 21 janvier 1963, après la chute de Kolwezi et la défaite des mercenaires, ces derniers se réfugient en Angola avec l’accord du régime portugais. Ils sont rapatriés en France où ils sont accueillis par les gendarmes.
Puis, d’août 1963 à fin 1964, il part au Yémen pour le compte du MI6 avec 17 mercenaires, dans la 1ère armée royaliste, financée par l’Arabie Saoudite, contre les républicains soutenus par 40.000 soldats égyptiens envoyés par Nasser.

Bob Denard retourne dans l’ancien Congo belge à la fin de 1964, à la tête du 1er Choc, qu’il a créé le 22 février 1959.

Il est recruté en 1970 par le roi du Maroc, Hassan II, pour renverser le régime de Mouammar Kadhafi en Libye.
Denard intervient à nouveau pour le MI67 et le SDECE en Angola en 1975 auprès de l’UNITA de Jonas Savimbi. Denard intervient pour la première fois dans la République des Comores qui, à la suite d’une consultation sur l’autodétermination organisée par la France le 6 juillet 1975, avait décidé, par 95 % des voix, de devenir indépendante.

Il intervient en septembre 1975 pour consolider le coup d’État d’Ali Soilih en arrêtant le président Ahmed Abdallah.

En janvier 1977, il échoue dans une tentative de coup d’État pour renverser le régime de la République populaire du Bénin. Il est ensuite pressenti en 1977 pour déstabiliser le régime de James Mancham aux Seychelles.

Le 13 mai 1978, Bob Denard débarque aux Comores à bord d’un ancien navire océanographique avec 43 hommes pour renverser le régime marxiste révolutionnaire de Soilih et rétablir Ahmed Abdallah au pouvoir. Ali Soilih est exécuté d’une balle dans la tête le 29 mai 1978.
La République fédérale islamique des Comores a également servi de base logistique aux opérations militaires de l’Afrique du Sud contre les pays africains qui lui étaient hostiles. Pour sa part, le régime de la République islamique des Comores, au pouvoir depuis la fin des années 1980, n’a pas su tirer profit de cette situation.
De son côté, le régime d’apartheid paie les salaires des membres de la Garde présidentielle depuis 1989.

Surnommé le « vice-roi des Comores », il a régné de facto pendant 10 ans sur l’archipel.
Avec le soutien de l’Afrique du Sud, il forme un corps de mercenaires pour intervenir à la demande de Pretoria ou de Paris.

Il n’a été déployé au Tchad qu’en 1981-1982 pour soutenir la rébellion d’Hissène Habré contre le président pro-libyen Goukouni Oueddei.

Dans la nuit du 27 au 28 septembre 1995, Denard a renversé le nouveau président comorien Said Mohamed Djohar (élu en 1990). Il est contacté par le gouvernement hutu en 1994, pour intervenir dans le camp du génocide, Bob Denard envoie des hommes pour certaines missions.

De retour en France, il se retire dans le Médoc, où il rêve de construire un musée de la décolonisation.

J’adore la fin, son projet de construire un musée de la décolonisation.

Monsieur Macron, c’est la France qui a créé le colonialisme dont vous parlez et le « Brutalisme » qui va avec, et qui nous a appris, à nous les Africains, à vivre avec « cet endroit où la France nous a laissé ».

Puisque personne ne vous le dit, c’est de la France que les Chinois et les Russes s’inspirent pour piller et contrôler l’Afrique.

Si Leonard Shelby, le personnage de Memento, utilise les tatouages pour lutter contre son amnésie, Macron lui espère nous rendre, nous les Africains amnésiques.

Qui a organisé et structuré le jeu politique avec des coups d’État en Afrique avec de fausses indépendances ?
Ce ne sont pas les Russes. Ce ne sont pas les Russes.

Il faut le répéter pour lutter contre cette amnésie antérograde qui semble être le nouveau projet Africain de Macron qui a refusé à Yaoundé de demander pardon pour les crimes de la France au Cameroun où on parle de plus de 500 000 morts entre les années 50 et 70 mais voit déjà comment on va faire le bamboula autour de ce thème, il a annoncé un grand projet artistique autour de la lutte des indépendances. Pauvres artistes africains! Dans le film de nos vies d’Africains « colonisés », la France est le méchant.
En refusant de s’excuser, de demander pardon et de payer des réparations pour ses crimes, la France se glorifie dans son rôle de méchant et fait exactement ce qu’elle reproche aux Russes qui assument d’être les méchants et ne cherchent pas à se faire passer pour des gentils.

A méchant, méchant et demi.
Dans la guerre entre méchants, quoi de plus naturel que de soutenir le méchant qui va battre son méchant à soi.

Dans sa lutte pour l’indépendance, de l’Afrique du Sud au Ghana en passant par la Guinée Bissau, le Cameroun, l’Angola, le Mozambique, le Congo, le monde occidental qui soutient aujourd’hui l’Ukraine était du côté des méchants.

La France, le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Allemagne, le Portugal, l’Espagne… ont soutenu l’apartheid en Afrique du Sud et ont combattu l’ANC de Nelson Mandela qui était classé comme terroriste !
Parfois, vous oubliez que les noirs battus, assassinés, appauvris, insultés, humiliés… c’était nous. Et a chaque fois que nous vous sourions vous devez nous décerner un prix Nobel de la Paix. Et il est normal que tout ceci vous embrouille Monsieur Macron. Ce n’est pas avec la guerre en Ukraine que nous africains découvrons le colonialisme. Si le sentiment est défini comme étant un « état affectif complexe et durable lié à certaines émotions ou représentations » Ce que vous appelez « sentiment anti-français » n’est pas un sentiment. Et n’accusez pas pour rien ce que vous appelez « propagande russe ». Ce qui se passe dans l’esprit des Africains n’a rien à voir avec une simple émotion des hommes noirs, les Africains savent qu’avec vous, rien n’a changé depuis nos premières rencontres et que rien ne va changer. Ils lisent dans vos cœurs et savent que vous êtes toujours racistes, que vous portez toujours ce sentiment de supériorité, que vous essayez toujours de nous tromper, que votre projet reste celui de l’asservissement de l’Africain, du pillage de nos richesses et que si vous pouvez-vous cogner les têtes entre vous les méchants, nous allons un peu respirer.

Par: Jean-Pierre Bekolo

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