MALI / CEDEAO TOUJOURS LE STATU QUO : A quoi jouent les autorités ?

Rien qu’à cause des sanctions qui sont aujourd’hui insupportables pour les populations, les autorités maliennes devraient arriver à un compromis avec la CEDEAO en proposant un chronogramme raisonnable. Au lieu de cela on entretient la crise en prolongeant la souffrance des paisibles citoyens qui ne demandent rien d’autres qu’un minimum vital. Le Mali pourrait- il continuer à vivre en autarcie ? Les autorités sont-elles conscientes de la souffrance du peuple ? A quoi jouent les autorités maliennes ?

Nombreux étaient les maliens à penser que le sommet du 25 mars 2022 allait être celui de la dernière chance pour le gouvernement pour sortir de la crise, ou du moins pour lever les sanctions inhumaines qui asphyxient l’économie et étouffent les citoyens, c’était sans connaître l’agenda de nos autorités. La montagne a encore accouché d’une maigre souris, car les sanctions ne sont pas levées faute de propositions fiables. Pour rappel le point d’achoppement entre les autorités maliennes et la CEDEAO est le chronogramme. Alors que le gouvernement malien continue à s’accrocher à 24 mois l’organisation sous régionale propose entre 12 et 16 mois, avec une différence de quelques mois. Si tant est qu’aucun sacrifice n’est de trop pour préserver les intérêts de son peuple alors Comment peut on faire souffrir ce même peuple à cause de quelques mois ? Mieux encore pourquoi ne pas accepter la proposition faite par la CEDEAO et commencer à poser des actes? Aujourd’hui à part les résultats engrangés par l’armée sur le terrain, rien ne bouge sur les autres plans. Les réformes ne sont pas engagées. Le consensus qui aurait dû être la base de toute réforme est presqu’impossible. Désormais le Mali est véritablement dans l’oeillet du cyclone. En brouille avec ses voisins, en rupture avec la communauté internationale, a  l’intérieur les acteurs censés collaborer pour la réussite se regardent en chiens de faïence. Cette situation ne présage nullement un lendemain meilleur. Qui pour dire à  Assimi Goïta qu’il est en train de filer du mauvais coton?

Qui encore pour dire au colonel qu’il est encore jeune et qu’il doit préserver ses arrières, donc pour cela il doit se réconcilier avec tout le monde. Le jusqu’au boutisme ne paie pas en politique. A ce rythme il est à parier qu’il a toutes les chances  d’échouer et que l’espoir que sa venue au pouvoir à  susciter risque de se transformer en arme contre lui. Et pourtant la solution est à portée de mains, il suffit d’avoir un esprit de discernement et d’écouter les conseils des plus avertis pas ceux des laudateurs et des chercheurs de strapontins qui étaient ,sont et seront à  tous les banquets de la République. Trois petites propositions, l’acceptation de la proposition de 16 mois de la CEDEAO, afin de souffler un peu financièrement, car les sanctions seront progressivement levées. La deuxième proposition serait la mise en place d’un gouvernement d’union nationale qui permettra d’avoir un large consensus sur les réformes qui sont indispensables pour sortir des crises à répétition, la troisième proposition serait d’accorder de l’importance aux grandes priorités, sécurité, réformes, bonnes élections. Tour autre projet serait diversion.

Youssouf Sissoko