Le Mali dans la COP 21, de Bamako à Paris

Sécheresse, inondations, cyclones, fonte des glaces…mais aussi épisodes de pollution, disparition de la biodiversité, les phénomènes climatiques extrêmes se suivent et se ressemblent depuis quelques décennies. Les experts ont été clairs, il s’agit des effets du réchauffement climatique. Ce réchauffement résulte lui-même du renforcement de l’effet de serre, engendré par l’augmentation des gaz à effet de serre rejetés par les activités humaines : énergie, transport, industries, habitat, déchets, agriculture, déforestation. En trois siècles, leur concentration dans l’atmosphère a augmenté de 35% et menace d’affecter les conditions de vie dans toutes les régions du monde si rien n’est fait dans un futur proche. Les changements climatiques et leurs effets négatifs sont bien là et il urge d’agir.

Cette action, la communauté internationale l’a engagée depuis des années. En 1992, 189 pays ratifiaient la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques. En 1997, 141 d’entre eux signe le protocole de Kyoto, entré en vigueur en février 2005. Les pays industrialisés se sont engagés globalement à réduire, entre 2008 et 2012, le total de leurs émissions d’au moins 5% par rapport au niveau de 1990, chaque pays industrialisé devant atteindre des objectifs de réduction qui lui sont propres. Dix ans après l’entrée en vigueur de ce Protocole, force est de constater que les efforts ont été bien en deçà des annonces. Or, les experts sont formels : si rien n’est fait, la vie sur terre sera très difficile, voire impossible.

Il y a donc urgence à agir. Cette nécessité de l’action et une action rapide est au cœur de la conférence des parties à la Convention cadre des nations unies, la COP 21 qui se déroulera du 25 novembre au 11 décembre 2015 à Paris la capitale de la France.

A Paris, 40 000 délégués, représentants 193 pays vont partager deux semaines de communion autour d’un objectif commun : offrir une planète vivable aux générations futures. Des négociations qui y seront menées en présence de pas moins de 80 chefs d’état devront découler une révolution dans les modes de vie et de production, mais aussi une solidarité envers les plus vulnérables aux effets actuels des changements climatiques.

La COP 21 est donc une échéance à ne pas rater pour le Mali. Notre pays, est parmi les plus vulnérables, alors même que ses émissions sont parmi les plus faibles de la planète.

Les négociations de Paris vont porter sur les efforts auxquels consentent les pays-parties, engagements annoncés dans un document dénommé la CPDN, contribution prévue déterminée nationale. Le Mali a déposé, comme recommandé par le secrétariat exécutif de la Convention cadre des nations unies sur les Changements climatiques, sa CPDN qui contient des objectifs ambitieux pour l’horizon 2020.

Sur le plan national, les différents acteurs se sont mobilisés pour mener la cause malienne, en particulier la société civile. Au côté de la délégation ministérielle, plusieurs organisations, dont le Réso Climat Mali seront présentes à la COP 21.

Une attention particulière doit être accordée aux initiatives en faveur des couches les plus défavorisées et en particulier les femmes. Le Réseau des femmes ministres et parlementaires entend porter leur voix à la COP 21.

Les jeunes maliens pour leur part, n’entendent pas rester en marge de cet évènement mondial. Pour saisir les enjeux de la rencontre de Paris, une COP Universitaire a même été organisée à Bamako.
A la COP 21, le Mali jouera à nouveau un rôle majeur. Le Mali a à son agenda à la COP plusieurs évènements dont le principal sera sans doute la Rencontre autour du Fonds Climat-Mali, une expérience réussie qui fait école.

Autre rôle important pour le Mali, celui de porte parole du continent africain lors des négociations. Notre compatriote Seyni Nafo sera en effet la voix de l’Afrique à la COP .

Le Mali, comme le monde entier est en route pour Paris. La présence malienne de haut niveau à la COP, avec une délégation menée par le Président de la République Ibrahim Boubacar Kéita, est un message fort. Aux maliens, qui doivent accepter de mener la lutte contre les changements climatiques qui menacent notre pays de disparition. Message au monde pour dire : le Mali est prêt et s’engage pour un accord contraignant à Paris pour une gestion transparente des ressources qui y seront mobilisées et pour inverser la tendance au réchauffement, par des mesures ambitieuses et inclusives.

Video Info