Trois chefs d’Etats attendus au Mali ce jeudi: Bamako refuse tout diktat de la CEDEAO

Trois chefs d’Etats sont attendus ce jeudi 29 septembre à Bamako dans l’affaire dite de 49 soldats ivoiriens arrêtés à l’Aéroport de Bamako le 10 juillet dernier. Préalablement annoncé pour le mardi, La mission de la CEDEAO conduite par trois chefs d’état ne sera présente que ce jeudi 29 septembre 2022 selon un communiqué du ministère des Affaires étrangère et de la Coopération internationale

Il s’agit des Présidents Faure Essozimna Gnassingbé, Président de la République Togolaise, Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, Président de la République du Ghana et M. Adama Barrow, Président de la République de Gambie.

En effet, le jeudi 22 septembre 2022 à New York, en marge de la 77ème Assemblée de l’ONU, les dirigeants ouest-africains ont tenu un sommet sur les transitions en Guinée et au Mali particulièrement sur le dossier des 46 ivoiriens. Les chefs d’Etat ont unanimement réclamé la libération de 46 militaires ivoiriens détenus au Mali tout en saluant les initiatives diplomatiques entreprises par plusieurs Chefs d’Etat de la CEDEAO, qui ont conduit à la libé-ration le 3 septembre 2022, de trois femmes soldats ivoiriennes.

Dans un communiqué, la CEDEAO avait an-noncé l’envoi incessamment d’une mission de Haut niveau composée des Chefs d’état du Ghana, du Sénégal et du Togo à l’effet de la li-bération des soldats ivoiriens. C’est dans ce cadre que le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a présenté ses compliments aux Missions diplomatiques et consulaires accréditées au Mali et a eu l’honneur de les informer de la Mission de Haut niveau de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest ce 29 septembre 2022 dans la capitale malienne. Aussi, selon le communiqué du ministère, la mission de la CEDEAO sera composée de Mon-sieur Faure Essozimna Gnassingbé, président de la République du Togo ; Monsieur Nana Addo Dankwa Akufo – Addo, Président de la République du Ghana ; Monsieur Adama Bar-row, Président de la République de Gambie. A cet effet, le Ministère convie les Chefs des Missions diplomatiques et consulaires au Pa-villon présidentiel de l’Aéroport international Président Modibo Keita Senou, pour les cérémonies protocolaires à l’arrivée prévue le 29 septembre 2022, à partir de 10h 30 et dont le départ est prévu le 29 septembre 2022 à partir de 16h 00.

Bamako pose ses conditions

Le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a prévenu que son pays ne se laisserait pas imposer une solution à la crise diplomatique avec le voisin ivoirien par une mission de chefs d’Etat ouest-africains attendue ce jeudi 29 septembre dans la capitale, Bamako.

« Nous allons les écouter. Nous avons dit de-puis le début que tout ce que le Mali veut, c’est chercher les voies et moyens pour trou-ver un terrain d’entente entre le Mali et la Côte d’Ivoire. Mais si c’est pour imposer des déci-sions au Mali, cela ne passera pas », a déclaré M. Diop dans un entretien sur VOA Afrique, posté sur les réseaux sociaux des Affaires étrangères.

M. Diop a redit que l’affaire était entre les mains de la justice malienne, mais que le Mali avait aussi accepté une médiation du Togo. Les autorités de la transition étaient ouvertes à un accord avec la Côte d’Ivoire « en dehors de la justice » et trois soldates, sur les 49 militaires arrêtés au départ, ont été relâchées, a-t-il dit. C’est alors que « la CEDEAO a été impliquée sans que le Mali ne soit consulté », a dit M. Diop. « Une décision a été prise unilatérale-ment en faveur de la Côte d’Ivoire. Pourtant, ce n’est pas un problème de la CEDEAO, c’est entre le Mali et la Côte d’Ivoire », a-t-il ajouté : « Quiconque veut apporter une solution sera le bienvenu… Mais les démarches entamées par la CEDEAO ne constituent pas des solutions pour nous », prévient-il.

Pour rappel, le Mali et la Côte d’Ivoire sont en pleine tension diplomatique sur le sort de 46 soldats ivoiriens arrêtés le 10 juillet à leur ar-rivée à Bamako. Ils devaient, selon Abidjan et l’ONU, participer à la sécurité du contingent allemand des Casques bleus au Mali ; mais Bamako dit les considérer comme des « mercenaires » venus attenter à la sûreté de l’Etat. Pour attester clairement qu’elles refusent tout diktat de la CEDEAO, le Premier ministre par intérim et non moins porte-parole du gouvernement, a clairement annoncé que le Mali se désolidarisait des sanctions « illégales, illégitimes et inhumaines prises contre la Guinée. C’est dire que la mission annoncée ne sera pas une partie de plaisir.

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